Adresse à l’Europe sur l’idée qu’elle se fait du monde
« L’Europe est un jardin. Mais la plus grande partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin »
Ainsi s’exprimait, quelques mois après l’invasion russe de l’Ukraine et un an avant la guerre israélienne contre Gaza, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Josephe Borrell.
L’Europe se fait une singulière image d’elle même et du monde. Elle persiste à se penser comme le berceau de la civilisation, l’incarnation du bien et du juste, et à se croire menacée par environnement mondial où règnerait la sauvagerie, l’obscurité et le mal. Cramponnée à cet imaginaire hérité d’un passé mal digéré et baigné de colonialisme, elle se perd et s’égare, tournant le dos aux valeurs d’humanisme et d’égalité dont pourtant elle se réclame…
Page 78 : …Il n’y a pas dans le monde un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé, en qui je ne sois assassiné et humilié », Aimé Césaire.
Page 155 : … L’histoire des solidaires n’est donc pas seulement celle de femmes et d’hommes ayant le souci des autres, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent. Elle raconte, plus foncièrement, une conscience aiguë de la seule voie de salut à l’heure du compte à rebours climatique, alors que le Tout vivant est en péril et, avec lui, notre Tout Monde, pour reprendre des façons de dire d’Edouard Glissant, ce grand poête et philosophe de la Relation. S’entraider au lieu de se barricader : c’est l’alternative où se joue l’écologie politique d’un commun sauvé et préservé, au lieu d’une chute irrémédiable dans la guerre de tous contre tous…