Mon coup de cœur du mois :
Clément Viktorovitgh :
Logocratie.

4è de couverture :

  Que se passe-t-il quand les discours du pouvoir cèdent à la déloyauté ? Quand les gouvernants ne cessent de mentir, sans jamaisavoir  en payer le prix ? Quand la communication se permet de dire ce qui est faux, taire ce qui est vrai, et ne pas faire ce qui est dit ? Toutes les dérives deviennent possibles.

  Ce livre démontre combien, loin d’avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d’Emmanuel Macron l’y a au contraire précipité. Il révèle comment la corruption du langage nous a plongé dans un exercice dévoyé de l’autorité, où les mots ne visent plus à éclairer le débat public, mais à l’empécher.

  Lorsque la parole officielle s’affranchit du réel, c’est la démocratie elle-même qui chancelle. Insidieusement, elle se pervertit en logocratie.

Page 62 :
… Ce chapitre s’achève sur un paradoxe amer. Emmanuel Macron s’était posé en rempart contre la vague mondiale du mensonge en politique. Il en est devenu l’un des plus zélés propagateurs. Promettre de défendre la vérité pour mieux la piétiner :  Il y a l plus qu’une simple hypocrisie. C’est le symptôme d’une époque où les mots ont perdu leur sens, où les actes se détachent des discours, où la réalité elle-même devient négociable. La France, qui devait incarner la résistance aux mensonges, s’y est finalement abîmée avec une facilité déconcertante. Non par accident ou par négligence, mais par une succession de choix délibérés, de petites lâchetés accumulées, de renoncements quotidiens à l’exigence de vérité. Chaque fable en appelant une autre, chaque déni creusait plus profond le fossé entre la parole et et la réalité, jusqu’à ce que le mensonge devienne non plus l’exception honteuse mais la règle cyniquement assumée. La France aussi a basculé dans la logocratie…